Un 3e Plan National d'Adaptation au Changement Climatique
Publié le 19/03/2025
La troisième édition du Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC3) a été présentée le 10 mars dernier par la ministre de la transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche. Humanité et Biodiversité s’est associée à l’élaboration de ce plan, bien plus ambitieux que le précédent, quand bien même il reste insuffisant à certains égards.
Un nouveau plan ambitieux
Le nouveau Plan d’Adaptation National au Changement Climatique (PNACC3) présente 52 mesures visant à préparer la France à un réchauffement climatique à +4°C à la fin du siècle. Ces mesures touchent différents secteurs économiques et sociaux, avec en priorité l’adaptation aux fortes chaleurs au travail, dans les logements, mais également la résilience des infrastructures, industrielles, de transports, et du monde agricole.
Les différentes mesures du PNACC s’inscrivent dans un scénario où le réchauffement atteint +4°C en France en 2100. Ce scénario se base sur la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC). Cette base est importante car cette trajectoire, bien qu’inquiétante, reste très réaliste. Pour Humanité et Biodiversité, il serait intéressant que la TRACC ait une valeur législative pour s’assurer qu’elle soit la référence commune à toute politique climatique.
Le nouveau Plan National propose une stratégie d’intégration du climat futur dans toutes les politiques publiques, avec une vision interministérielle des mesures d’adaptation. Pour se faire, il met en avant l’utilisation de solutions telles que les solutions fondées sur la nature (SFN) qui sont porteuses de co-bénéfices au-delà de l’adaptation (protection de la biodiversité, atténuation du changement climatique, santé). Le Plan décline de nombreuses mesures pour assurer la résilience dans différents domaines (transports et mobilités, confort des logements, conditions de travail, système électrique, enjeu lié aux assurances).
Si l’on peut se réjouir du niveau d’ambition de cette nouvelle stratégie d’adaptation au changement climatique, il reste des incertitudes relatives aux moyens consacrés pour assurer sa mise en œuvre effective.
Des moyens financiers et humains à la hauteur de l’enjeu :
Tout d’abord, le manque de précision sur les besoins en termes de financements dédiés fragilise la mise en œuvre du PNACC. Seul un nombre très réduit de mesures indique les modalités de financement. Les montants annoncés restent très faibles au regard des moyens nécessaires. De nombreuses mesures pour la mise en œuvre du du PNACC reposent notamment sur le Fonds Vert qui a vu son enveloppe réduite en 2025 de près de 1,35 milliard d’euros (passant de 2,5 à 1,15 milliard), et sur le Fonds Barnier, certes augmenté de 75 millions d’euros pour atteindre 300 millions mais loin des 450 millions attendus.
Il apparait donc que pour assurer les ambitions affichées, il sera nécessaire d’augmenter les financements privés et les aides publiques à l’adaptation. Et ces moyens financiers devront être fléchées vers chaque mesure annoncée et être accompagnés de moyens humains et d’une communication sur ces mesures pour assurer leur mise en oeuvre par l’ensemble des citoyens et citoyennes.
Renforcer le suivi de la mise en œuvre du Plan :
Il nous parait également nécessaire d’assurer un suivi et une évaluation de la mise en place du PNACC de manière régulière à travers la création d’indicateurs simples et pertinents. Ce suivi de l’avancement du PNACC devra assurer la participation de toutes les parties prenantes (ministères, collectivités, citoyens, entreprises, associations, etc.). Un groupe de travail spécifique doit voir le jour en 2025 pour définir des indicateurs de suivi au niveau des collectivités territoriales.
Donner une valeur réglementaire au PNACC :
Ce plan est l’un des trois piliers de la Stratégie Française de l’Energie et du Climat, avec la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la stratégie nationale bas carbone (SNBC). Or, contrairement à ces deux stratégies qui font l’objet d’un décret, le PNACC ne constitue qu’un document de planification sans valeur contraignante. Sa mise en œuvre effective gagnerait à être renforcée par une adoption par décret ou arrêté ministériel.
Pour Humanité et Biodiversité, si les mesures d’adaptation au changement climatique sont nécessaires, il reste important de prendre toutes les mesures utiles à son atténuation en poursuivant les efforts pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre et renforcer nos puits de carbone.
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Pour en savoir plus :
Lien vers le PNACC3 : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/PNACC3.pdf
Position d’H&B sur la PPE : https://www.humanite-biodiversite.fr/articles/163978-position-d-h-b-la-programmation-pluriannuelle-de-l-energie
Position d’H&B sur la SNBC : https://www.humanite-biodiversite.fr/articles/165211-position-d-h-b-concertation-energie-climat-reaction-a-la-snbc
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